"Les erreurs d'identité doivent être évitées"AFP - 21 Janvier 2010
Les services français de l'adoption ont déjà connaissance de 394 enfants haïtiens, dont les dossiers ont fait l'objet d'un "jugement" de la justice haïtienne, et qui devraient donc être transférés de manière échelonnée et ordonnée en France, a indiqué jeudi le Quai d'Orsay.
"A ce jour, 352 familles ont fait savoir au service de l'adoption internationale du ministère des Affaires étrangères que leurs demandes, concernant 394 enfants, avaient donné lieu à un jugement", a indiqué le porte-parole du ministère Bernard Valero lors d'un point-presse.
Ces enfants, dès lors que ce jugement a été prononcé, devraient être transférés. Mais "ils devraient l'être de manière échelonnée, en fonction des possibilités de transport et après examen attentif de chaque dossier", a précisé M. Valero.
Les premiers groupes d'enfants à être transférés seront 42 enfants dont les dossiers sont complets avec un passeport déjà délivré ou sur le point d'être délivré au moment du séisme, puis 43 autres pour lesquels les autorités françaises disposent des jugements haïtiens, a-t-on précisé de source proche du dossier.
En réponse aux critiques d'associations qui demandent que ces enfants haïtiens rejoignent immédiatement la France, les autorités françaises réclament "un temps, qui n'est pas bureaucratique mais de bon sens et de vigilance", a-t-on ajouté. "Il n'y a pas de quand, où et comment" qui seraient annoncés publiquement, même si les autorités françaises travaillent aux modalités des futurs transferts en France.
"Dire que ce sera demain, après-demain ou dans deux semaines, ce ne serait pas responsable", a-t-on précisé, en soulignant que les enfants "ne sont pas des valises que l'on transporte", et que les erreurs d'identité doivent être évitées.
Ces chiffres de ceux qui partiront évoluent sans cesse car les familles adoptantes ne cessent d'envoyer des documents au centre de crise du Quai d'Orsay, complétant ainsi les dossiers.
"Très peu d'enfants sortiront de Haïti avec leur passeport mais leur identité doit être incontestée. Nous ne nous dispenserons pas du feu vert des autorités haïtiennes", a indiqué une de ces sources, soulignant que le ministre de la Jeunesse et des sports et le Premier ministre haïtiens seraient les contacts des autorités françaises à cet égard.
Selon ces sources, la brigade haïtienne des mineurs a reçu l'ordre de faire des contrôles à l'aéroport et aux frontières avec Saint-Domingue, pour lutter contre les enlèvements d'enfants.
Le Quai d'Orsay avait annoncé dimanche que "compte tenu de la préoccupation légitimes des familles d'adoptants, et par dérogation aux procédures habituelles, les enfants haïtiens pour lesquels un jugement a été rendu pourront faire l'objet de transferts vers la France", soit "une mesure d'assouplissement très significative". Cela signifie "faire l'impasse sur six à huit mois de procédures" en Haïti, selon une source proche du dossier.
Plus de quatre mille enfants haïtiens ont été adoptés par des familles françaises depuis 2001.
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